L’homme, le marin

Eric Tabarly, pour l’amour des voiliers et de la course au large.

 

Pen Duick : âge de raison et raison de rêver.
Eric Tabarly est né à Nantes en juillet 1931, il navigue avec son père Guy dès la petite enfance, mais sa véritable passion débute un jour de 1938 où Eric et ses parents découvrent un bateau qu’ils veulent acquérir. Eric arpente le pont de ce plan Fife (architecte écossais) de 15 mètres qui a été conçu en 1898, ce yacht est à l’abandon dans un bras mort de la Loire, les frères Lebec veulent vendre ce bateau qui coûte si cher en entretien. Eric du haut de ses sept ans adopte Pen Duick (mésange à tête noire en breton) dans une relation qui sera l’œuvre d’une vie : au fil des chantiers et des courses victorieuses une double légende est née : un marin hors du commun et une lignée de bateau qui feront rêver les français.

Eric va naviguer à bord de Pen Duick en famille avec ses parents et sa sœur cadette durant deux étés, avant que la guerre éclate et conduise Pen Duick dans une vasière de Bénodet. Il sera sauvé du démantèlement par son marin qui prétendra que la quille est en fonte face aux besoins de plomb des autorités. Mais durant la guerre le côtre va souffrir du manque d’entretien et c’est un bateau abîmé qui sera remis à flot dès 1947. Eric à 16 ans quand son père évoque la possibilité de vendre ce bateau dont l’entretien est problématique, Eric est révolté à l’idée de se séparer de ce trésor. En 1952, après que plusieurs acheteurs aient été découragés par Eric, le sort est jeté Guy Tabarly offre le bateau à son fils.

Eric 21 ans, est riche de projets de navigation mais sa bourse est dégarnie, il s’engage dans l’aéronavale pour assurer une solde et pouvoir restaurer son bateau. Pas très porté sur les études Eric n’aura pourtant de cesse de réussir concours et examens pour établir une situation financière et naviguer. Il sera affecté au Maroc pour suivre le cours de pilote puis envoyé en Indochine. A son retour il confie Pen Duick aux frères Constantini afin d’évaluer les travaux, le verdict est terrible, la coque est trop endommagée pour être remise en état.  Marc et Gilles Constantini ne découragent pas Eric qui leur propose un défi inédit : utiliser la technologie balbutiante des coques en polyester stratifié sur Pen Duick. 7 couches de polyester et des heures de ponçages plus tard, Pen Duick est sauvé. C'est au printemps 1959 qu'il pourra enfin renaviguer sur Pen Duick. Sept années d'efforts et de sacrifices afin de faire revivre cet élégant voilier sont enfin recompensées. Selon ses camarades de promotion, Eric vit pour son bateau et pour la voile, il dort torse nu et fenêtre de chambre ouverte même en hiver afin de s'endurcir...

A l’Ecole Navale, le profil d'Eric est problématique, peu enclin aux études, il n'est sauvé que par sa passion de la Mer. Eric devient enseigne de vaisseau. Affecté à Cherbourg, Eric va décider de traverser la manche pour aller se frotter aux marins anglais. Les épreuves de références : le Fastnet, La Channel Race, Cowes Dinard sont dans la mire d'Eric pour qui le fait de courir sur un bateau conçu il y'a 60 ans n'est pas un obstacle insurmontable. Mais les défis sont toujours à venir et Eric pense déjà à cette épreuve qui se prépare : une tansatlantique en solitaire qui aura lieu en 1964.

 

Pen Duick II: coup de projecteur sur un solitaire.
Pour s'élancer seul face à l'océan et aux autres navigateurs, Eric conçoit avec les frères Costantini un voilier qui aura la même longueur à la flottaison que Pen Duick pour une longueur de 13 mètres 60 hors tout, l'utilisation du contre-plaqué pour la coque permet à ce nouveau bateau de peser deux fois moins lourd que Pen Duick. Autre choix, celui du gréement en ketch, plus facile à manier par un homme seul.

Une fois de plus Eric est à cours de moyens et seule la bonne volonté des frères architectes qui lui accordent des délais de remboursement assez vagues permettent d'entamer la construction de Pen Duick II.

A son arrivée à Plymouth Eric est l'objet de tous les regards : les adversaires jugent ce bateau bien léger pour affronter les caprices de l'atlantique nord, de plus la surface de voilure leur semble extrême à manœuvrer pour un solitaire. Eric reste confiant dans ses choix technologiques. Il prendra un départ canon et fera une belle course jusqu'à une avarie de pilote qui i l'obligera à barrer pendant d'interminables heures. Le caractère trempé et la force physique exceptionnelle de ce marin feront le reste : Eric Tabarly franchit la ligne en vainqueur deux jours et vingt heures avant Chichester. Cette transat 64 braque les projecteurs sur cet officier de marine hors du commun, légion d'honneur, interviews, invitations, Eric n'a qu'une obsession rentrer en France à temps pour courir les épreuves de la fin de saison. Pen Duick II est acheté par le ministère de la jeunesse et des sports et Eric sera affecté au service des sports des armées.

 

Pen Duick III: le meilleur sur les 5 océans.
Eric fort de l'expérience de Pen Duick II veut concevoir un voilier puissant et adapté aux règlements des courses qu'il veut gagner. Pen Duick III mesurera 17m,45 hors tout sera fait d'aluminium et arborera un gréement goélette dont le supplément de surface de voile n'est pas pénalisant et lui procure une puissance aux allures portantes. Eric va former un équipage de neuf hommes dont les noms vont s'inscrire dans l'histoire du yachting : Petipas, Kersauson, Vaneck, Lavat, Guégant ou English seront de l'aventure aux côtés de ce marin qui trace le sillon de la plaisance en France. Pen Duick III nécessite par son gréement originale une parfaite cohésion de l'équipage, Eric décide de préparer l'Admiral's Cup dont il dispute la sélection pour l’équipe de France à St Malo avant d’aller courir et gagner la Morgan Cup et la Gotland Race en Suède La Channel Race gagnée, c'est dans le Fastnet que la légende s'écrit à nouveau quand Eric et ses équipiers devancent des adversaires longs de 27 mètres en temps réel et en temps compensé. Puis deux nouvelles victoires dans Plymouth-La Rochelle et La Rochelle-Bénodet. Au tableau de la saison : 6 courses et six victoires. Eric Tabarly prouve avec Pen Duick III la pertinence de ses choix techniques ainsi que ses qualités de meneur d'hommes.

Invité par les Australiens, Pen Duick III va courir Sydney Hobart et gagner une course mythique aux antipodes. Malgré les modifications de règlement, Pen Duick III va gagner, en changeant de gréement, de nombreuses autres épreuves.

 

Pen Duick IV : visionnaire et malchanceux.
Fort de son succès en 64, Eric veut marquer les esprits et engager un bateau évolutionnaire en 1968, le convoyage d'un trimaran en 1966 le convainc que c'est un multicoque qui remportera la Transat de 68.

Eric met en chantier son trimaran de 20,80 mètres de long et 10,70 mètres de large pourvu d'une voilure de 107m2. Dans la période troublée de Mai 68, Eric tente peaufiner sa préparation mais le temps lui manque pour être fin prêt le 1 er juin pour le départ de Plymouth. Le sort va priver Eric de compétition. Eric s'engage dans la course après avoir marqué les esprits en parcourant 150 milles en 9 heures soient 17 nœuds de moyenne. Le breton sera contraint d'abandonner la course après un abordage d'un cargo et une avarie de pilote irréparable. Pen Duick IV gagnera bien la Transat mais en 1972 aux mains d'Alain Colas, cet équipier d'Eric ayant racheté le bateau prouvera la pertinence technologique de l'engin.

 

Pen Duick V : la transpacifique express.
Nouvelle course, nouveau bateau, Eric demande aux architectes Michel Bigoin et Duvergié de dessine run bateau de 35 pieds pour s'engager dans la course reliant San Francisco au Japon. Pen Duick V est un concentré de technologie avec son redan longitudinal qui augmente la stabilité, ses ballasts de 500 litres, qui économisent du lest, sa quille équipée d'un trimmer ou son ingénieux tambour enrouleur de foc. Eric pense le bateau pour être le plus efficace sur cette épreuve particulière. Comme souvent le temps manque alors Afin d'effectuer les essais du bateau, Eric ira chercher le mât sous la neige en suisse conduisant lui-même le camion! Mais dèjà le bateau doit être embarqué sur cargo pour les Etats Unis. Eric va remporter la transpacifique en 39 jours et 15 heures, à la surprise du comité de course qui ne l'attendait pas si tôt. Il découvre le japon et accueille Jean Yves Terlain, le second dix jours plus tard. Atlantique, Pacifique, Eric traverse les océans mais déjà le tour du monde l'intéresse.

 

Pen Duick VI : un maxi à bout de bras.
Afin de s'engager dans la course autour du monde en équipage Eric Conçoit avec André Mauric un grand Ketch de 22,25m tout en aluminium dont les 32 tonnes sur la balance seront compensées par les bras de 14 équipiers et quelques 267m2 de voilure au prés et 600m2 aux allures portantes. Pen Duick VI sera à l'image de Pen Duick III une aventure d'hommes : Patrick Tabarly, Olivier de Kersauson, Marc Pajot, seront de l'aventure. Mais la course autour du monde verra deux dématages annihiler les espoirs de victoire d'Eric. C’est une grande déception car Pen Duick était le favori de cette épreuve... Alors qu’il dispute le Triangle de l’Atlantique (StMalo-Capetown-Rio-StMalo ) Eric annonce, à la surprise générale, que n’ayant pas de bateau à sa disposition il va courir la Transat en solitaire 76 sur son Pen Duick VI Cette transat sera un véritable enfer 5 dépressions vont s’abattre sur la flotte. Eric mène son gigantesque bateau aux travers de ses conditions dantesques, il palie les avaries, dont la perte de son gouvernail automatique, manoeuvre aux limites de sa résistance physique et sort vainqueur dans la nuit de Newport . Pen Duick VI va accueillir à son bord des dizaines d'équipiers connus ou inconnus quelle chance et quel exemple de pouvoir mettre ses pas dans ceux d'Eric.

 

Paul Ricard: histoire d'un record.
Eric sait que la voie tracée par Pen Duick IV est la bonne, après moulte démarches il met en construction un grand oiseau d'aluminium de 16m50 dont les hydrofoils permettent au bateau de sortir de l'eau pour "planer". Financement oblige, monsieur Paul Ricard vient soutenir Eric et Pen Duick VII sera baptisé du nom de son mécène. Ce nouveau bateau va participer à la transat en double Lorient/ les Bermudes / Lorient. Paul Ricard sur lequel Eric a embarqué avec Marc Pajot vire en tête aux Bermudes mais sera rattrapé inexorablement par le trimaran VSD faute de voiles en bon état pour finir la course à plein régime. Une victoire sur le fil de 5 minute et 42 secondes pour VSD. Eric victime d'une mauvaise chute à Ski ne peut pas prendre le départ de la Transat 1980 au cours de laquelle Marc Pajot le remplace. Pour le chemin de retour vers l'Europe, Eric embarque Eric Bourhis et Georges Calvé ainsi que le cameraman Dominique Pipat afin de graver sur bobine la tentative de record de traversée de l'atlantique. Eric sait que le record détenu par Charlie Barr depuis 1905 sur la goélette Atlantic en 12jrs 4hrs et 1 min est à sa portée. Parti le 21 juillet du phare d'Ambrose, Paul Ricard franchit la ligne d’arrivée au cap Lizard après une traversée en 10 jours 5 heures et 14 minutes. Avec une technologie encore peu adaptée et tout à inventer pour gagner du poids, Eric Tabarly a prouvé avec Paul Ricard que les bateaux transocéaniques pouvaient aussi voler.

Eric Tabarly
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ET Sextant

Un marin d'exception

Éric Tabarly découvre la voile à l'âge de 3 ans à bord d'Annie, le bateau familial. En 1938, son père Guy Tabarly, achète le célèbre Pen Duick signifiant littéralement "petite tête noire".

Éric Tabarly parlait des bateaux dessinés par Fife durant les premières décennies du XXe siècle : « les grands architectes de cette époque étaient Herreshoff, Watson, Nicholson et William Fife. Parmi eux, Fife a acquis une réputation particulière grâce à l'esthétique et à l'équilibre de ses bateaux. De plus, ceux qui ont pris forme dans son chantier avaient une construction inégalée ». Abandonné dans la vase, le fils le sauva plus tard en moulant la coque de bois pour en reconstituer une copie en résine, la coque en l'état ne pouvant être restaurée.

En 1952, il s'engage dans la Marine nationale dans le but de financer la restauration du voilier familial Pen Duick. Il est pilote dans l'Aéronautique navale et vole sur Stampe_SV4 pour ses débuts puis sur des Beech 18 et Avro_Lancaster de la Patrouille Maritime. Il est basé à Saint-Mandrier-sur-Mer et Agadir (Maroc). Il effectue environ 1000 heures de vol au total, en particulier au cours de la guerre d'Indochine. Il est détaché à temps plein par la Marine nationale avec le grade capitaine de corvette, pour courir les mers.

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EricTabarly SurPDV

Juin 1966 à bord de Pen Duick II

par Gérard Petipas

CA GerardPetipas

"Midi approche, le soleil sera bientôt au zenith, l’heure de la méridienne va sonner !
Il est temps de préparer le chrono et de sortir le sextant de sa boite. Dehors grand soleil, mer peu agitée et horizon bien net tout est réuni pour une belle observation.
Eric est à la barre, Pen Duick a sorti toute sa garde robe : artimon, grand voile et les deux spi un sur le mat d’artimon et l’autre sur le grand mat. Pas un bateau en vue on aura les positions plustard, lors de la vacation de 16h.
Cette fois c’est l’heure  je m’installe bien calé dans la descente et amène le soleil sur l’horizon il monte encore un peu. Un dernier réglage pour bien faire tangenter l’image du soleil et l’horizon  et tout à coup tout disparait plus de soleil dans mon sextant Pen Duick vient d’effectuer un demi-tour
Surpris et furieux je me retourne vers le barreur et vois Eric tourné vers l’arriere. Il fait passer la barre d’un bord à l’autre sans aucun effet sur le cap du bateau.
Je me cale pour protéger mon sextant, Eric se retourne et calmement me dit «on n’a plus de barre ».
Je descends les trois échelons de l’échelle, regards interrogateurs  des équipiers qui somnolaient dans leur bannette.
« Tout le monde en haut on a perdu le gouvernail » je range mon sextant et les suit sur le pont. Tout le monde s’affaire  pour amener les voiles, avant qu’elles ne se déchirent.
Eric est debout dans le cockpit les bras croisés, cela dure une minute peut être deux et puis action !
« Philippe tu amènes le tangon de spi, Michel monte la boite à outils, Jurgen sort les planchers du carré, Gérard calcule moi la distance de la terre la plus proche ».
Je regarde ma montre il y a cinq minutes nous étions en course vers Copenhague et nous voila sans gouvernail au beau milieu de l’atlantique .
La haut tout le monde s’affaire, sans un mot. De ma table à carte ou je suis lancé dans mes calculs de distances j’ai une impression  de grand calme ; le bateau est stoppé et roule un peu ; Eric est en train de clouer les planchers et de ligaturer le tangon pour nous faire un aviron de queue qui sera notre gouvernail de fortune.
Ce qui est frappant c’est le calme de l’équipage. En fait en regardant faire Eric on a l’impression qu’il a déjà vécu cette situation et qu’il sait parfaitement quoi faire que la situation n’a rien de dramatique d’où la sérénité de tous.
L’aviron de queue est paré, il faut maintenant le fixer sur le tableau arrière et faire les essais.
On renvoie la trinquette et la grand voile avec un ris. On peut faire route et garder un cap.
A mon tour je donne à Eric les différentes distances de la terre, Les Bermudes que nous avons quittées il y a 4 jours, les Açores  cap au Sud Est avec des vents portants mais sans grand intérêt car nous serons toujours au milieu de l’atlantique en avarie de gouvernail et sans argent pour réparer dans un chantier. Reste Halifax cap au nord cela nous rapproche de notre route.
Cap sur Halifax on remet de la toile et en route. Tant que la vitesse ne dépasse pas 5 ou 6 nœuds on arrive à gouverner sans trop de mal au dela il faut être deux sur le tangon sur lequel on a gréé une planche qui permet de tenir la pelle verticale. Les heures de barre sont de plus en plus pénibles d’autant que plus on gagne vers le nord plus le temps est chagrin humidité, brume et vent debout .
Quelques jours avant d’arriver Eric me demande la distance pour St Pierre et Miquelon. « Au moins la, nous dit il, on parle français !! »
En fait cette destination plait à tout le monde, St Pierre et Miquelon c’est la pêche à la morue, les terre-neuvas, Pierre Loti ou Jack London…un morceau d’imaginaire.
Cap sur St Pierre c’est pratiquement le même cap et la même distance et dans les deux cas nous n’avons aucune carte ni instructions nautiques juste le livre des feux de l’Atlantique Nord.
Je propose à Eric de reconstituer la carte des approches de St Pierre. Pour ce faire nous prenons une carte de Belle–ile qui est à la même latitude que St Pierre. Nous reportons toutes les indications du livre des feux : phares, tourelles, bouées de chenal. L’ennui c’est que l’on ne sait pas ou est le haut fond, le caillou ou la terre par rapport aux points du livre des feux portés sur «notre» carte au nord ? au sud ? à l’ouest ? à l’est ? et le tout dans une brume à couper au couteau qui ne nous a pas quittée depuis 5 jours d’où une navigation à l’estime, la fiabilité du gonio m’ayant toujours laisssé perplexe sauf en homing. Heureusement nous avons un bon sondeur.
Avantage de la brume les sons portent bien et l’on entend la corne de brume du phare de Galantry et la cloche d’une bouée qui se rapproche vite bien qu’Eric ait fait réduire la toile. En fait on ne voit pas la bouée mais une tourelle dont le signal deux cônes pointes en bas est complétement tordu on approche doucement Eric à la barre, Michel à l’avant, Philippe au milieu et moi à la table à carte l’œil rivé sur le sondeur. On emprunte un chenal qui, nous le saurons quelques heures plus tard, est abandonné parce que dangereux.
On avance doucement, les fonds montent et brusquement sort de la brume une digue constituée d’enrochements et sur ces cailloux deux gamins qui pêchent. L’un des deux voyant ce bateau noir sortir de la brume laisse tomber sa ligne et s’enfuit l’autre regarde incrédule ce bateau sorti de nulle part. On le hèle et on lui demande ou est l’entrée du port il tend son bras vers la droite Eric prend donc cette direction, notre guide disparait, happé par la brume, et nous on essaie de suivre la jetée sans s’éloigner de façon à ne pas rater l’entrée.
Voila l’extrémité du môle, on s’engage dans ce que l’on pense être la passe. On entend des bruits et des voix et tout à coup devant nous une barge avec des ouvriers à bord. Deux sont dans un doris et nous voyant ils rament vers nous. Arrivés prés du bord ils découvrent qu’il s’agit de Pen Duick et ils reconnaissent Eric. Du coup ils repartent à force rames vers leurs collègues et l’on entend « C’est pas des Canadiens c’est Tabarly sur son Pen Duick »
Succés assuré 2, 3, 4 doris nous rejoignent et nous guident vers le fond du port et le quai qui nous accueille ; Le «voyage » est terminé. L’accueil des St Pierrais sera extraordinaire et ce pendant les 5 jours et 5 nuits que dureront cette inoubliable escale."