Logo Association Eric Tabarly

Vos témoignages

photo de Tollemer François

Tollemer François

Régate La Trinité – Cowes, Juillet 2018.

Dimanche matin, D-Day, le grand jour est enfin arrivé ! Départ en train sous un soleil des plus estival pour La Trinité-sur-Mer. Arrivée l’après-midi au port, devant le siège de la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer, Pen Duick III resplendit avec sa coque noire repeinte à neuf et son carénage blanc immaculé qui distille à merveille de magnifiques reflets aquatiques, le soleil radieux faisant le reste. Après avoir fait connaissance avec la majeure partie de l’équipage, nous allons prendre un verre en terrasse avec vue sur l’ensemble du port qui baigne dans une chaleur toute maritime et une ambiance de course. C’est l’heure de la préparation ! Les prévisions météo annoncent toutefois des conditions des plus clémentes, pour ne pas dire anticycloniques. En l’absence de vents significatifs, la régate serait susceptible de durer d’ici à Cowes…

Lundi, le petit temps annoncé semble malheureusement se confirmer… L’ambiance partagée par l’équipage au complet est néanmoins au beau fixe. Prenons un sandwich : quand l’appétit va, tout va ! Puis larguons les amarres pour s’aligner sur la ligne de départ, l’occasion de découvrir la propulsion de Pen Duick III sous grand-voile de misaine et wishbone avec spi. Très convaincante dans ce petit temps, en sorte que nous franchissons la ligne avec une bonne vitesse relativement au faible vent sur le plan d’eau. Après un trou de vent plus prononcé, nos concurrents directs, plus légers, filent, avant que nous touchions à notre tour la brise thermique, le long de la côte, qui nous permettra de revenir sur eux. Bravo à notre skipper et au tacticien qui démontrent que Pen Duick III est fidèle à sa réputation !

Dans la nuit, des dauphins jouent autour de la coque, offrant un ballet resplendissant, les gerbes d’eau engendrées par leurs déplacements étant toutes blanches réfléchissantes sous la lumière lunaire. Magie de la nature. Après ce spectacle de fin de quart, au repos dans ma bannette, le bruit de l’écoulement de l’eau sur la coque, inhérent aux Pen Duick, poursuivra l’heureuse réalité de ce jour devenu rêve tout au long de mon sommeil. Ce qui n’est à l’occasion pas sans me rappeler une certaine rythmique lue dans un livre d’Olivier de Kersauson, Ocean Song. La flotte passera la majeure partie de la nuit regroupée jusqu’au réveil, au phare de la Jument, où un fort courant marin l’éparpillera alors brutalement.

En ce mardi, à l’entrée du Raz de Sein, un choix des plus stratégique s’impose à nous : rejoindre Cowes par le large, plein nord versus prendre une option à terre, au nord-ouest, en passant par le Cap de la Hague ? Le vent est alors insignifiant. Après réflexion, ce sera finalement l’option plein nord qui sera privilégiée. Mercredi, à l’aube, après un magnifique lever de soleil, la « pétole » manifestement se poursuit pour définitivement perdurer tout au long de la matinée… Sous le soleil ardent, la mer est d’huile. Après des maniements à répétition du génois, du spi, des efforts non comptés de tout l’équipage et moult hésitations…, 13H sonne irrémédiablement l’heure de l’abandon avec la mise en route du moteur. L’excitation de la course laisse alors la place à des activités diverses et variées : pêche au maquereau, mots croisés,…, échanges radio avec d’autres concurrents en quête d’informations sur l’état du plan d’eau ou émanant du Comité de course. Le plan d’eau est une vraie mer d’huile, comme je n’en avais jamais vu, jusqu’à l’horizon… S’en suivra un quart de nuit intégralement passé sous les rayons lumineux du phare de Weymouth, que j’avais visité dans mon enfance. J’imagine sans peine les lentilles en mouvement à l’origine du faisceau lumineux.

Après une nuit des plus calme, mer d’huile, le calme plat ! Ce jeudi matin est cependant marqué par une arrivée à hauteur des mythiques Needles. Le moins que l’on puisse dire est que le décor est fidèle à sa réputation. Croisons de vaillants et émérites concurrents, toujours en course, sur de récents bateaux affutés, gréés de belles voiles carbones qui se font entendre à chaque manœuvre. Dans le même temps, privilégiant la course Cowes-Dinard à venir, les abandons se multiplient. Pen Duick III remonte le Solent à la voile et sur le pont, les manœuvres s’enchaînent à nouveau, dans la joie et la bonne humeur, jusqu’à son amarrage au quai d’honneur.

Malgré la faiblesse du vent, cette échappée belle partagée avec l’équipage et les quatre membres de l’association restera un souvenir immarcescible de navigation. Un grand merci à tous, Maxime, Brivaël, Tanguy, Tim, Patrice, Fred, Mikaël et bien évidemment à l’Association Eric Tabarly qui rendent possibles ces navigations. Trugarez-vras ! Bon vent et longue vie à l’ensemble des Pen Duick.

François Tollemer



Afficher toute la rubrique


Déposez votre témoignage
©2010-2019 Azimut Communication - Création sites internet & Bornes interactives
Mentions légales  |  Plan du site