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Vos témoignages

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Après l’unanime hommage national et international rendu à Eric à l’occasion du 10ème anniversaire de sa disparition, j’ai retrouvé cette photo assez symbolique, bien que modeste.

C’est une photo d’Eric en escale dans le petit port de Mèze (Hérault), non encore ouvert à la plaisance.

Il y est photographié sur un prototype très rudimentaire, fruit des rencontres et des recherches en collaboration avec André Allègre, et qui préparait ce qui allait être Pen Duick IV.

Cette photo était, dans notre club, la Société Nautique du Bassin de Thau, comme une icône représentant les valeurs véhiculées par notre « maître » à tous : la force athlétique, assez légendaire à la manœuvre des spis d’après ses équipiers, le marin et le régatier, les valeurs humaines autour desquelles nous nous étions retrouvés, la modestie et la convivialité au retour au port. Autant de valeurs qui nous avaient rassemblés dans la voile, avant qu’elle ne devienne marché.

Espérant que cette petite pierre ajoutée à l’édifice permettra de perpétuer l’influence qu’Eric pourra avoir sur les générations montantes et la pérennité des valeurs de notre sport.

Amitiés et bon courage.

Roger CAMBOULIVE
Président d’honneur de la Ligue Languedoc Roussillon de Voile
Délégué Régional de SOS Grand Bleu
Correspondant UNCL / IRC
Créateur et mainteneur de La Transmed, plus grande course au large en Méditerranée
Membre de l’Association Eric Tabarly



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Cet été j'ai été sollicité par deux fois pour animer un débat après la projection du film "Tabarly", la première fois c'était à Pornic ou le débat a duré 45mn, il y avait beaucoup de jeunes, la deuxième fois c'était à Préfailles ou je passe mes vacances. Lors de ce débat à Préfailles où la salle était pleine (285 places), un vieux préfaillais (Henri Montagner), ancien compagnon de jeux d'Eric enfant, m'a remis une lettre de témoignage qu'il avait écrite suite à l'appel que j'avais fait en février 2007, en PJ la retranscription de cette lettre.

Un autre spectateur, ancien officier de l'Armée, a souligné un fait que peut-être les amiraux de notre conseil d'administration pourront confirmer, à savoir :

Quand Eric quitte la Marine, les honneurs lui sont rendus en l'amenant dans une chaloupe dont tous les rameurs sont des officiers de haut grade, or cet honneur n'est habituellement rendu qu'aux officiers qui ont eu un commandement en chef à la mer d'un bâtiment de la Marine. Or Eric n'a jamais commandé en chef à la mer un bâtiment de la Marine (sauf erreur), cet honneur qui lui a été rendu est encore plus fort qu'il n'y parait.

A bientôt,

Denis



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 J'apprécie vos courriers, je les lis tous et, ancien marin, pendant la guerre de:(40) je suis sensible aux efforts qui tendent à donner à la marine en général, dont la pèche et la plaisance et ses gloires dues à notre grand marin Eric Tabarly qui fut et reste une légende dont il fit usage auprès des autorités de notre pays afin de redonner à notre marine sa place dans le monde et puis pardessus ses qualités de marin, sas qualités humaines.  Je ne le connaissais pas personnellement, mais ses livres et ceux des autres, sont unanimes Je suis heureux de constater que son épouse et sa fille s'attache à poursuivre l'œuvre commencés, aidées par de nombreux amis. D'autres que moi ont été plus éloquents, je cesserais donc ce panégyrique, pour vous dire que je suis un homme de 85 ans et ne puis je ne me déplace qu'avec des cannes anglaises ou avec un déambulateur.  Ceci pour vous éviter quelques courriers que je ne suis pas en mesure d'exploiter, Mais, plus jeune, j’aurais été enthousiaste pour participer activement. De toutes façon je vous félicité pour votre action!

E. Dardare



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A Eric

Il y a juste 10 ans, je me trouvais en Martinique face à la mer où je goûtais un magnifique lever de soleil. La mer calme scintillait des rayons naissants du soleil. Au loin plusieurs voiliers glissaient devant Fort-de-France. La journée s’annonçait belle et prometteuse.

Le transistor qui jusqu’alors était animé par des airs de zouk allait présenter les nouvelles.

C’est à cet instant précis que j’appris la disparition d’Eric Tabarly.

La mer l’avait arraché du pont de son Pen Duick.

J’étais abasourdi. Après ces instants d’intense émotion vint le temps de la colère et de la tristesse. Comment cette mer, ici tellement bienfaitrice, avait-elle eu raison de l’homme qui avait su si souvent se jouer d’elle et l’utiliser pour marquer les plus belles pages de l’histoire de la course au large!

En ce jour de triste anniversaire je partage modestement et humblement, avec Mme Jacqueline Tabarly, avec sa famille, avec M. Gérard Petipas et avec ses amis, le souvenir d’un homme d’exception qui laissera, à jamais, une empreinte indélébile dans le monde de la voile et de la course au large.

De tels hommes peuvent nous quitter, leur présence demeure.

Profitons de l’association et du merveilleux outil qu’est la Cité de la Voile pour entretenir cet appel de la mer et des bateaux.

Cordialement,

Marc le Nantai



photo de Association Eric Tabarly

Association Eric Tabarly

Témoignages autour de la Cité de la Voile

Messages parvenus à l’association Eric Tabarly à la suite de l’inauguration de la Cité de la Voile Eric Tabarly à Lorient.


Jean-Charles Bossard
« Quelques souvenirs en image de cette magnifique journée Encore merci et bravo ! »

B Durand

« Merci à toi et à l'Association pour cette reprise de contact qui restera dans ma mémoire. Bravo à tous pour la réalisation de la Cité et l'organisation de cette magnifique  journée. »

Marc Boivin
« Il est des jours qu’il ne faut absolument pas manquer. Le 17 Mai 2008 en fût un.

L’arrivée des 5 Pen Duick, suivie de l’inauguration de la Cité de la Voile Eric Tabarly et du discours de Jacqueline Tabarly furent les pts d’orgues de cette fabuleuse journée. Que retenir de cette journée ? 

Un hommage justifié à un homme d’exception qui fut avant tout :

Un architecte visionnaire et futuriste de génie qui inventa avant tout le monde les nouvelles techniques en matière d’architecture navale et innova en les mettant en application dans les plus prestigieuses courses au large;

Un homme qui nous enseigna que la mer était un élément indispensable à l’homme. Qu’elle   pouvait nous nourrir, qu’elle nous permettait de faire du commerce, de faire circuler des idées, de rapprocher les êtres et de nous donner des loisirs. Qu’il fallait la respecter et rester humble devant elle.

 Félicitons et remercions tous les acteurs qui ont contribués à la réalisation de la Cité de la Voile Eric Tabarly, nous  permettant ainsi de posséder et de profiter aujourd’hui d’un merveilleux outil.

 A nous, membres de l’Association, de le faire connaître et de le faire vivre.

 Remerciements particuliers à Mme Jacqueline Tabarly et à M. Gérard Petitpas. »


Gérard Bourgeois
« Merci pour ton accueil à la Cité : mes amis ont été très heureux de la découvrir et ont apprécié le côté très pédagogique de l’exposition. Un rêve réalisé… et qui se poursuit ! »

Joël Grangiens
« Très sincèrement un grand merci pour cette belle journée emprunte d'émotion  d'enthousiasme et de nostalgie..... »

Jean Yves Deyra
« Un grand merci pour cette journée d'inauguration particulièrement émouvante.

J'espère que cette cité trouvera le souffle pour naviguer longtemps et transmettre les valeurs d'Eric aux jeunes générations. »

Cindy Jaffré - Piété
Merci encore pour cette merveilleuse inauguration et de  tous ces témoignages émouvants.
Je suis fière d'appartenir à cette "grande famille Pen Duick" et d'avoir accompagné par ma petite contribution, le projet de la Cité de la voile. Ce fut un honneur d'avoir participé avec beaucoup d'autres adhérents à son inauguration. Ce samedi 18 mai restera inoubliable !
Et aujourd'hui j'ai le sentiment que mon adhésion est encore plus nécessaire pour continuer à voir naviguer les bateaux et pour aider à la réalisation  de beaux projets à l'infini comme notre bel horizon bleu breton.

Et pour finir je citerai JF Deniau et tout comme lui je pense que "s'il y avait une justice, notre planète s'appellerait La Mer.
Notre vie dépend de la mer".

 Et je suis,  moi aussi,  reconnaissante à Eric Tabarly de m'avoir fait prendre conscience dès mon plus jeune âge, à mes débuts de navigatrice,  que la mer est une dimension naturelle de notre vie ...Alors vive la cité de la mer !  Vive la cité de la vie !

Bernard Ronseray
Encore Bravo à tous pour la formidable organisation et le merveilleux moment que nous avons passé Amicalement je te charge de transmettre!!!

Claude Courgeau

Merci à vous à Jacqueline et vos équipes ; c'est grâce sans doute à beaucoup de bonnes volontés que cette journée a été aussi bien réussie.

Eric devait effectivement surveiller de très près la météo car à quelques kilomètres il pleuvait ! et abondamment.

Au nom de l'association Grand Largue ;(dont Eric est resté avec l'accord de Jacqueline notre président d'honneur).Ceci après nous avoir beaucoup aidé notamment par sa présence à nos côtés et aux cotés des jeunes que nous embarquons. Notre Président Yves Marie FLOCH et son conseil d'administration vous félicitent pour cette très belle journée qui, nous  à une fois de plus prouvé qu'Eric TABARLY était là, tout proche de nous!

Alain Rousselle
J'étais à Lorient le 17 mai et j'ai passé une journée fabuleuse comme je le pense l'ensemble des personnes présentes. Je fais partie de la "génération Tabarly" (11 ans en 1964). La cité de la voile est superbe du point de vue architectural, et passionnante par ses apports d'informations. Bravo à l'association pour cette magnifique inauguration, voir tous les Pen Duick (FABULEUX).

Thierry Macheras
Je tenais à vous remercier pour cette superbe journée à Lorient pour l’inauguration de la cite de la voile Eric Tabarly, quelle satisfaction que de se retrouver sur ces bateaux merveilleux et de retrouver tout le Monde comme si c’était hier grâce au si sympathique accueil et professionnalisme de Gérard ;
 
Ghislaine et  Bertrand
Bravo pour la parfaite organisation et la qualité de ces moments intenses.

Merci d'avoir fait embarquer nos cheveux blancs sur le Pen Duick de notre  jeunesse, cette délicatesse nous a émus et ravis.

Encore merci et à bientôt.

Thierry VANIER
Merci pour cette bonne idée et cette belle journée, qui m a permis de retrouver des vieux copains.

Jérôme Croyère
Un grand merci pour cette journée.
Quel plaisir de se retrouver et de tirer des bords sur Pen Duick VI!
Bravo pour l'organisation!
Merci également d'avoir pu, en avant première, voir ce film juste et très émouvant.

Bernard Rubinstein

Encore un grand bravo pour cette belle journée et un grand merci. L'émotion était au rendez-vous dans la joie et la bonne humeur. Rare !
La sortie avec Jacques Perrin, Pipat, et ma pomme fut superbe.

Amiral Yves Lagane, président de la SNSM
J’imagine que vous devez être tous les deux en train de « décomprimer ». Peux-tu, s’il te plaît, partager avec Gérard, que je ne sais comment joindre, mes félicitations pour ce magnifique événement qui a été, dans le même temps, un émouvant témoignage d’amitié et un très beau geste de reconnaissance pour tout ce qu’Eric a apporté et qu’il faut continuer à faire vivre ?

Je n’ai pu participer qu’au début de l’événement, mais j’ai été très impressionné. Ton Gérard est un « très grand » !



Francis Vallat, président de l’Institut Français de la Mer
Ce fut un sans faute, grand, émouvant et simple… comme lui. Nous, lui et vous devons tellement. Et la cité est un formidable succès…

 Amiral Pierre Xavier Collinet
Quelle belle journée ensoleillé à Lorient, réussie en tout point pour ce que j'en ai vu. Le site transformé  est magnifique, l'architecture de la cité de la voile impressionnante de sobriété et de fonctionnalité.

L'arrivée au ponton de Pen Duick avec Marie à la barre et son équipage de vieux marins copains de promo d'Eric très émouvante. Bravo pour tout. Tes efforts nombreux et assidus ont largement payé et sont grandement récompensés.

Daniel Wlochovski
Un grand merci encore pour ce week-end, et bravo pour l'organisation, et cette réalisation.


Bertrand de Segonzac
Jacqueline et Marie, belles et émouvantes, journée superbe, organisation parfaite, le plein d'émotion, mais le vent dimanche 18 mai fête de Saint Eric était au repos...  et quand la prochaine fête ?

François Berger
Ce fut une journée magnifique et intense en émotion.
Cette cité de la voile est une grande réussite; je ne crois pas qu'Eric Tabarly aurait fait mieux.
Toutes mes félicitations à tous pour le travail accompli.

Babette Mazet
J'ai été très heureuse de participer à ce moment magique, émue même. Journée inoubliable pour moi.

Olivier et Cécile Marmey

Toutes nos félicitations et remerciements pour cette journée, belle et simple.



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Eric, ce père adopté

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La vie maritime d’Eric n’avait aucun secret pour moi. Je dévorais le moindre article, connaissais par cœur son livre sur sa transat avec Pen Duick II, jubilais à chacune de ses innovations.

Initié très jeune à la voile, Eric emplissait ma vie d’ado, comblait mes rêves d’aventure.

20 ans en 1969. Course Saint Malo-Lorient. Nous arrivons troisième. Eric est sur le ponton, monte à notre bord et instaure une discussion animée. Je bois ses paroles, n’ose intervenir et savoure ces instants irréels. D’autres idolâtrent tel ou tel chanteur en vogue, moi c’est Eric que j’auréole et il est là. Le photographe d’un journal local passe et fixe ces moments (Je suis tout à gauche). Le lendemain, remise des prix. Eric est sur l’estrade, à la table d’honneur. Discours et cocktails, j’attends la fin pour m’approcher de lui le cœur battant, le ventre noué. Tapi parmi les convives qui l’entourent, je guette un instant de disponibilité pour l’accoster. J’ose. Face à lui, je lui dis toute l’importance qu’il représente pour moi et que je souhaite naviguer avec lui. Là, il vissa ses yeux couleur de mer au plus profond des miens. Une éternité de silence. La réponse fut brève : « 9 heures demain matin, ponton H ». Mon cœur explosait. La nuit fut blanche, jubilatoire. A 7 heures, j’étais au rendez-vous. Marée basse, en bas de l’échelle, trois Pen Duick côte à côte. Je me hasardais sur ces coques mythiques. Eric arriva avec sa bande, trapu et souriant. Au programme, convoyage de Pen Duick III vers la Trinité. Enthousiaste, je propose mes services, en particulier pour recevoir le gros sac à voile rouge qu’un équipier enlace de ses bras puissants, là haut sur le quai. En bas sur le pont, je lance, téméraire : « vas-y, envoie ». La masse prit de l’élan, arriva dans mes bras impuissants à la freiner et m’écrasa sur le plat-bord ! Démesure de ce poids, démesure de la circonférence des bras d’Eric, démesure de son agilité animale lorsqu’il escalade le grand mat à mains nus sans retenue de sécurité pour en vérifier la tête.

Eric décida d’aller déjeuner à terre avant d’appareiller. Nous envahissons une voiture vétuste encombrée d’accastillage. Boui-boui dont la chaleur de l’accueil compensait largement la simplicité des lieux. Crabe pour tous, comme d’habitude semble-t-il. Eric m’apprends que le meilleur, c’est la masse brune et molle nichée au fond de chaque côté de la carapace centrale. Leçon retenue et perpétuée depuis. Retour à bord. Nous appareillons, Eric à la barre. 3, 4 virements de bords. Un peu en retrait, j’observe le fonctionnement de cette équipe. A la fin de chaque manœuvre, chacun jette un regard furtif en arrière vers le Maître : son visage détendu, l’orchestration était bonne. Faciès renfrogné, pourrait mieux faire. Pas un éclat de voix, l’autorité naturelle est impressionnante, juste une aura.

Le bord va être long. Tout l’équipage se regroupe autour du cockpit. Eric entame le répertoire d’Edith Piaf ; « Mon bonheur à moi, c’est toi ….. » J’adhère, subjugué par autant de quiétude, de puissance tranquille. Les refrains sont largement repris.

Eric me passe la barre, un petit manche de bois assez rustique que je trouve assez difficile à tenir. Réglage du trimmer.

Nous contournons la pointe de Quiberon. Eric décide de passer au plus court. Virement de bord. Je suis au winch, pour border un grand génois. Je termine très essoufflé. Eric regarde ses amers. Deuxième virement immédiat. Je reprends la manivelle. Je donne tout. Impossible d’aller jusqu’au bout ; asphyxié, je cède ma place à une montagne de muscles. Eric frôle les cailloux, revire une troisième fois. J’assiste hagard à la manœuvre, exécutée sans la moindre plainte.

Eric fait partie de ces hommes qui ouvrent des sillages, qui forcent les préjugés avec pour seul outil la conviction, comme si tout cela était tout simplement naturel.

Il y a des pères génétiques, il y a des pères qu’on adopte. Pour moi, il est ancré dans ma généalogie. Il m’a aidé à construire ma vie. Reconnaissance infinie.

François Corrard, Pédiatre. Avril 2008



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J'ai un souvenir qui est resté gravé dans ma mémoire de gamin de 15 ans que je devais avoir à l'époque, et que je souhaite depuis votre mail ci-dessous vous raconter.

Eric rentrait à la Trinité d'une course ou il avait été "encore vainqueur", je ne me souviens plus l'année ( 1967 ? ) mais il me semble que c'était Pen Duick III.

Il s'est amarré au bout d'un des pontons dans le prolongement de l'actuel ponton visiteur et a voulu débarquer.

Comme il était évidemment attendu, il n'était pas seul sur le dit ponton... En fait, un nombre impressionnant de personnes s'engouffrait sur le ponton qui s'est donc fort logiquement trouvé en surcharge!

Les gens ont donc commencé à avoir les pieds dans l'eau, au début très peu, ce qui n'a pas empêché ceux qui étaient toujours sur le quai de désirer par dessus tout approcher Eric, le ponton s'est alors plus franchement enfoncé!

Il s'est alors passé quelque chose d'incroyable que je n'ai jamais revu depuis: les premières personnes qui étaient arrivés en bout de ponton, sous l'effet de la pression de ceux qui arrivaient derrière, n'ont pas pu garder les pieds sur le ponton et sont donc tombés à l'eau en nombre non négligeable! Je me souviens de cette scène hallucinante de tous ces gens équipés d'appareils photo qui nageaient à côté du ponton dans la liesse de l'événement et en plus tentaient de remonter sur le ponton..!!

Eric, sagement, a regagné son bord, estimant sans doute qu'il était prudent d'attendre un moment plus opportun pour débarquer!

Bien cordialement,

Joël SEBAUX



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Retranscription intégrale de la lettre qu’Henri Montagner (datée du 19 mai 2007), avait écrite suite à mon « appel à mémoire aux adhérents » que j’avais fait début 2007 et que j’avais appelé « Mémoire volatile ». Henri m’a donné cette lettre cet été après l’avoir lue lors d’un débat que j’avais organisé après la projection du film « Tabarly », au cinéma l’Atlantique à Préfailles.


Denis Löchen

« Suite à vos contacts avec Jacques Chigard et son courriel du 16 mai 2007, je prends contact avec vous pour vous faire part de deux entretiens que j’ai eus, entre autres, avec Eric Tabarly, mais qui m’ont profondément marqués, tant ils étaient, chacun à une époque différente, très prémonitoires.

Le premier concerne des propos échangés en 1941 alors que nous n’avions pas dix ans ce fut pratiquement le premier échange lorsque nous fîmes connaissance.

Je passais des vacances clandestines à Préfailles où Eric était réfugié, pour la durée de la guerre, avec sa famille dans une propriété appartenant à son grand Père.

Je ne connaissais pas grand-chose aux régates mais étais déjà attiré par les voiliers : Eric m’a fait part que son père possédait un yacht et qu’il faisait régulièrement, avant la guerre, des régates, notamment entre l’Angleterre et La Rochelle, ou la suprématie des anglais était incontestable et Eric en concevait un dépit à tel point qu’il m’a annoncé, sentencieux et convaincu, que lui, quand il serait grand, il battrait les anglais.

Le second entretien évoqué à été le dernier dialogue échangé avec Eric sur le ponton du port de l’Herbaudière à Noirmoutier, peu avant sa fin tragique.

Parlant de navigation, à côté de Pen Duick amarré au ponton visiteurs, il m’informe qu’il ne s’attachait jamais, ne voulant pas être entravé par un harnais et des filières et qu’il préférait, s’il lui arrivait de tomber à la mer, terminer sa vie en dix minutes une fois pour toutes.

Entre temps j’avais rencontré Eric de nombreuses fois à Préfailles ou il était devenu durant les vacances 1941, 1942, 1943 mon camarade de jeux.

Un jour il avait décidé de faire un radeau de fortune, sur la plage, un dimanche, jour de repos des ouvriers de l’organisation TODT qui construisaient des blockhaus le long du littoral pour le compte des Allemands.

Récupérant des flotteurs et des planches nous avions Eric, Olivier le fils du peintre en bâtiment et moi-même, édifié un engin flottant une espèce de radeau sans voile et sans moteur.

Nous avions convenu d’aller déjeuner en vitesse et de revenir ensuite mettre le radeau à l’eau pour faire une promenade en mer, nous avions tous moins de douze ans chacun et aucun n’avait conscience du danger.

Au moment de mettre le radeau à la mer, c’était la mi-marée, et nous commencions de nous écarter du rivage quand un soldat allemand, casqué et botté, armé d’un fusil, s’est élancé sur les rochers et nous a menacé de son arme en nous enjoignant de faire demi tour, ce qui fut fait de façon assez péteuse, mais le brave guerrier nous avait évité d’être emportés par la marée sur un esquif proprement ingouvernable.

Plus tard, lors de mes études à Angers, j’ai eu l’occasion d’être invité au manoir d’Avrillé en 1952 1953 ou il résidait chez ses parents. Eric ne participait pas aux soirées mais restait dans sa chambre à dessiner et à faire des aquarelles de bateaux de différentes époques avec une précision étonnante.

Il serait intéressant que quelque unes de ses œuvres, si elles ont survécues, soient mises en évidence dans le Pôle Eric Tabarly maintenant qu’elles portent une signature mondialement connue.

Je pense que ces quelques souvenirs auront de l’intérêt pour votre projet.

Sincèrement vôtre.


Henri Montagner



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On a souvent dit qu’Eric n’apprenait rien à ses équipiers en parlant. Pourtant il le faisait En Silence ….

J’ai eu le bonheur d’être à bord de Pen Duick VI  en février et mars 1977, moi le simple Plaisancier !!!

J’ai reçu une belle leçon. A bord il y avait Eric âgé de 46 ans, moi âgé de 42 ans et quelques "jeunots" qui faisaient leur service militaire : Philippe  Poupon, Titouan  Lamazou, Eric  Bourris, Philippe  Poisson, et d ‘autres (déjà de sacrés marins) ; tous furent adorables et indulgents avec  le plaisancier  que j’étais. Après 24 heures d’une tempête à force 11 dans le Golfe de Gascogne, racontée par Ph. Poupon dans la revue  << Au  Large >>, je me retrouvais seul à la barre dans une mer apaisée, mais encore agitée ; Eric est venu s’assoir à coté de moi, silencieux. Au  bout  d’un  quart  d’heure il  m’a posé une question : "on t’a donné le cap à suivre ? Étonné par la demande  j’ai répondu oui; alors le commentaire d’Eric fut  lapidaire : Ah  Bon (!!!!!) .J’ai compris que mon application était  insuffisante !!

Pas de conseil, le silence du Maitre était éloquent et j’ai modifié ma tenue de barre. Après un nouveau quart d’heure de silence, Eric est rentré dans le carré en me lançant : c’est bien,  continue comme ça. J’avais appris quelque  chose …… Et nous n’étions pas en course  ".

C’était , Eric  et  chaque  fois  que  je  suis  à  la  barre  de  mon  bateau  je  repense  à  cette  leçon …… 

Mon  regret  sera  toujours de ne pas  avoir accepté son invitation de venir le voir chez lui; j’avais  trop de respect  pour  sa  tranquillité pour m’imposer… Nos âges voisins nous rapprochaient et nos rencontres, par la suite, furent toujours chaleureuses empreintes de simplicité.

Il me reste les photos de cette aventure et le film "Un  Homme  Debout" que j’ai réalisé à cette occasion  qui passera peut-être à la Cité de la Voile.

Souvenirs, Souvenir … Amitiés

J.P. CHURET



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C’est une bonne idée de rassembler les souvenirs et émotions de ceux qui on côtoyé Eric Tabarly.

J'ai pu le rencontrer pour la première fois lors d'une conférence qu'il donna à Saint Omer un soir de brouillard de novembre 1967. L’assistance n'était pas du tout maritime, faite de membres du Rotary régional et d'invités. Eric raconta ses courses sur le II et le III, récent champion du RORC en classe 1, et ses projets, simplement et sans emphase. Il déclencha cependant l’hilarité dans la salle, et en fut surpris, lorsqu' il déclara que pour tester vraiment un nouveau bateau il fallait "un bon mauvais temps"...

Ce soir là j'obtins d’Eric Tabarly une dédicace de son livre "Victoire en solitaire", que j'avais pris avec moi. Vingt six ans après j’eus l’occasion, et la joie, de prêter ce livre à Jacques Pichavant, lorsqu'il entreprit la reconstruction de Pen Duick II à Pont Labbé en 1993. Il me le renvoya quelques mois plus tard, en me précisant aimablement combien il avait servi à la reconstitution des détails d'accastillage, et d'aménagements intérieurs.

Bien cordialement,

Max Odoux



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