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Vos témoignages

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retour vers ...La Mecque !

RETOUR VERS LA MECQUE des PEN DUICK

 

 

Jeudi 8 Octobre 2009, MONSIEUR PEN DUICK VI quitte l’ombre de la tour Saint Jean et  le vieux port de Marseille sous l’œil bienveillant de la Bonne Mère perchée à 162 mètres au sommet de la basilique N.D.de la Garde.  « Môsieur » c’est encanaillé ces dernières semaines avec le gotha mondain de Cannes et St Tropez. Monsieur a besoin de quitter cette mare à canard qu’est la Méditerranée pour s’oxygéner les sinus dans son Atlantique qui l’a vu naître et qui lui a décerné ses plus belles victoires.

Nous sommes 14 à bord pour le servir :

Il y a le grand Jacques, notre Skipper, qui nous fait sursauter à chaque commandement hurlé tous les jours à la même heure :  « Apéroooooo !!!! ».

Il y a Matthieu son second, le skipper DU Pen Duick, qui avec sa barbe ressemble étrangement à notre maître à tous, au barreur génial de tous les Pen Duick.

Il y a Laurent qui, embarqué 24h avant le reste de l’équipage, connaît immédiatement tout le bateau jusqu’à l’emplacement du moindre bout au fin fond d’un équipet (agaçant ce garçon alors que je n’ai pas tout compris après 15 jours passés à bord).

Il y a Yasmine, la jolie gamine du bord, qui, dans une démarche aérienne et toujours pieds nus, nous survole constamment de la proue à la poupe…un petit coup de winch à tribord, un p’tit bout à lover à bâbord.

Il y a Elvire qui comme sa consœur est partout à la fois, son appareil photo en bandoulière avec un gros objectif et plein de pixels dedans. Elle clicclac du matin au soir sur l’équipage, sur la mer, sur les dauphins, de la tête de mat à la cave etc… elle aurait même essayée, dit on, des photos sous marine dans le port de Lisbonne.

Et puis il y a nous, les vieux retraités (je n’ai pas dit vieux cons) que l’on utilise de temps en temps à la manœuvre. Marc le proviseur qui nous raconte les tractations à se tordre de rire avec ses délicieux bambins et leurs parents pas plus fins. Il débarquera à Valence et sera remplacé par Martial, officier de la Royale, muni de grosses paluches bien pratique pour embraquer les énormes drisses ou écoutes. Eric qui nous a entraîné dans cette douce galère. Emmanuel qui ronfle presque autant que Laurent et qui a eux deux font trembler le grand mat. Joël que l’on chauffe constamment car à la vitesse où l’on avance c’est sûr, il va louper son avion à Cadix. Christophe que j’avais vu pour la dernière fois à 12 ans. Les cheveux en bouclettes et l’œil toujours aussi pétillant. Non, il n’a pas changé. Jacques toujours prêt à la manœuvre. Bernard, le cardiologue qui grâce à sa spécialité me refait mon pansement, cachant les 14 agrafes posées sur mon mollet aux urgences de Valence et Alain, pilote aéronavale, qui nous abreuvent de contrepèteries.

Dès la première nuit, au large de la Costa Brava, nous subissons un orage. L’éclair nous illumine exactement en même temps que le gigantesque coup de tonnerre. Nous assumons à 12 nœuds. La route se poursuit avec tout ce petit monde qui vaque chacun à ses occupations. 2 jours à Valence. Nous négocions un touch and go à Gibraltar avec notre skipper. Après avoir fait du fuel, nous nous faisons jeter comme des mal propre. Je subodore que ces sacrés Anglais n’ont toujours pas avalé la plus belle victoire de Pen Duick VI en 76, organisée par eux même et oserais-je dire pour eux même. J’étais moi-même dans la baie de Plymouth, à bord d’un minuscule sangria ce fameux 5 juin 76, à admirer le maître. Vous comprendrez pourquoi je suis d’autant plus ému d’être à son bord. Je leur laisserai dans leur marina un petit souvenir de ma fabrication. Yasmine est ma chef de quart. Dois-je vous avouer que par pétole, elle me propose gentiment : « Si tu veux allez te coucher » ? Et youp, je lance mes pieds dans mon duvet et pose ma tête sur le moteur qui ronronne. Délicieux petit moment grignoté au règlement du bord. Nous rentrons de nuit, vent debout et très fort dans le chenal de Cadix pour nous mettre à quai dans le port de commerce d’où nous nous faisons expulser. Je rêvais d’un tapis rouge et d’être reçu comme un VIP à chaque escale. Effectivement, je rêvais !

L’ensemble de l’équipage chausse enfin ses bottes peu avant Lisbonne…sauf moi. Je suis dans le carré et dans mon pyjama bleu (marine bien sûr). Tout en trempant ma tartine beurrée dans mon grand bol de thé, je les vois courber leurs têtes sous des hallebardes de flotte. Je suis bien. Un gros 6 et des vagues gigantesques nous poussent rapidement dans le Tage. Le Doca d’Alcantara nous accueillera sous la ville de Lisbonne.

La force vive ayant débarqué, le VI, conciliant, rentrera sur un seul bord jusqu’à Lorient.

Merci à tous pour ce bon moment.

Amitiés.

Henry de Lavenne   



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"Quelle Finale" juillet 2014 de Philippe Segretain

                                                    QUELLE FINALE !

                   (Les Pen Duick, de Lorient à Bordeaux, Juillet 2014)

 

Deux /Zéro. Ambiance à « La Base » à Lorient, l’autre siège, très social, de l’association Eric Tabarly,  ce lundi 30 juin, soir de Huitième de Finale contre le Nigéria. Pourtant autour des tables animées, nous étions plusieurs à avoir décroché : certes le premier but… mais, après, les futurs équipages devaient bien se présenter, aligner les références, et permettre aux anciens de parler des Pen Duick aux nouveaux ; au risque de vous choquer nous fumes plusieurs à avoir loupé le deuxième but car nous parlions voile.

Beau départ groupé, histoire de respecter le rituel et le passage de la Citadelle, et puis très vite les options se dessinent, un équipage découvre le VI en laissant les  Birvideaux à tribord, et passer au moteur après  Belle Ile permet une prise en main du navire. Plus ambitieux le III laisse Belle Ile à bâbord, et nous avouera que, fiers de leur bord efficace, bâbord amures, force 3, 4  ils avaient dû aussi se résoudre, en fin d’après-midi, à terminer au moteur pour rejoindre Port Joinville, première escale commune à trois des cinq navires en route pour entretenir la flamme à Bordeaux. Le VI requiert le bassin à flot : fermeture 22h20, «  je vous laisserais un quart d’heure »dit l’agent du port. Le moteur vint en appui d’un fort correct bord bon plein, de ces thermiques de soirée de juin qui réveillent une journée  un peu calme. A 22h 35 la porte se refermait derrière le VI. C’était donc le soir qu’il fallait privilégier, et laissant Pen Duick, le II et le III, tenter les charmes d’Oléron par temps calme le skipper du VI propose une journée sur l’Ile d’Yeu et  un départ à 19h40.  L’air, NNE, était stable, le cap théorique au 145 permit l’envoi du spi et, dans la longue lumière de juin la toile, noire et tango, se teintait d’un orangé serein. La consigne était de laisser  même Rochebonne à bâbord pour garder le spi, mais nous avons tenus  le  145 pendant un beau quart de minuit à quatre heures, vent et vitesse à 7 nœuds, mer belle. La lune eu la discrétion de s’effacer à 2  heures, histoire de laisser les trois équipiers dans leur silence étoilé. Sur bâbord, hâlo des Sables, puis de Ré, de la Palice et de La Rochelle, c’est Chassiron et Oléron que nous laisserons au quart suivant, le spi fut complété d’un léger « big boy » histoire de de diversifier les manœuvres,  d’enrichir les  angles de vue , et de gagner en vitesse. Arrivée à Port Médoc, le nom branché de la partie plaisance du Verdon, à 19h. Efforts louables de la capitainerie pour transformer ce havre, où le VI fit des prouesses pour apponter souplement, en port d’escale. Et de célébrer notre passage, ces cinq navires regroupés dans l’élégance de leur diversité, par la projection en plein air de cet émouvant documentaire sur la première Transat, où Eric apparait dans son génie et sa simplicité.

Le lendemain les uns purent rallier quelques châteaux prestigieux, d’autres modestement prirent la vedette puis la barge qui permet d’aborder Cordouan. Car un amer mythique peut aussi se visiter. Construit de 1584 à 1611, Henri IV y fit mettre une chapelle, histoire que personne ne doute de son ancrage catholique et aquitain, face à La Rochelle la réformée. (Au moment du débat public sur la réunification des deux rives de la Gironde en une seule région il y a là quelques réminiscences de débats anciens).

Et je tiens de la charmante gardienne du phare que si l’un ou l’une d’entre nous, membres de l’association, voulaient s’y marier, elle obtiendrait de l’évêque le nihil obstat qui est requis. Dans un niche de pierre un jerrican marqué « eau bénite » est à la disposition des postulants.

Et puis ce fut la finale, cette splendide étape Port Médoc/ Bordeaux. Que ceux qui ont embouqué la Loire ou la Seine ne s’y trompent pas : la Gironde c’est plutôt l’Orénoque: les rives sont loin, l’ambiance hauturière, et la combinaison s’impose à 4h30, heure de départ des Pen Duick. Vent de SW, 20 nœuds ; calé sur tribord le VI fera des pointes à 13 nœuds, cap au 160. Ce n’est pas le jour qui s’est levé entre Médoc et Blaye, plutôt la nuit qui s’est effacée, derrière les nuages. Et s’est sous yankee, grand-voile, artimon que nous passâmes Beychevelle sans baisser voile, car les Pen Duick sont  autrement plus fins au vent que leurs estimables devanciers. Le chenal permit de garder la toile, et le flot de gérer une attente devant Bassens, vent contre-courant, pour respecter la priorité à un cargo.

Puis ce fut l’approche de Bordeaux, le pont d’Aquitaine, banalement périphérique, puis l’étonnant Pont Jacques Chaban Delmas , quatre piles profilées dans l’axe de la travée, légèreté du béton et transparence des structures,  précédées de gabions à l’ancrage rassurant. L’ouvrage, mis en œuvre par les architectes Virlogeux et Lavigne, et le Bureau d’Etudes Egis qui reçut à ce titre en 2013 le Grand Prix de l’Ingénierie, fut réalisé dans un groupement piloté par Vinci. Jean Marc Tanis, l’ingénieur chef du projet chez Egis nous en fera les honneurs : une charpente métallique digne d’un château ou d’un phare royal. La masse impressionnante de ce tablier profilé, allégé, se leva, se retira plus haut à 12h45, pour former une exceptionnelle porte d’entrée en ville aux Pen Duick. A bord de canots un peu vintage, Gérard Petipas, Jean Pierre Couteleau, la presse, nous obligent à soigner nos derniers bords. Un Cessna ne loupe pas un passage, pas un angle de vue aérienne. Un dernier bord au prés, parallèle au pont jusque en rive sud, et nous laissons porter, presque jusque à l’empannage, pour passer à 12h59 pour le VI sous les espars qui bordent le tablier. Encore quelques bords urbains serrés, affalage et amarrage devant le Pont de Pierre. Les façades XVIIIème forment un  décor aristocratique  qui  répond au classicisme  de nos coques et de notre mature. Les Banques Populaires ont leur siège régional rive droite, en face, et nous levons leur pavillon. 

Sur le quai les Bordelais, leurs élus, applaudissent notre finale. Le vent et le flot nous avaient menés de l’Océan au cœur de la ville, de la puissance de la houle devant Cordouan à l’élégance urbaine. Merci à tous ceux qui ont conçus et permis ce parcours.

                                                                                                      Bordeaux le 5 juillet 2014

                                                                                                             Philippe Segretain

 

 



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aout 1964 - Philippe Turmeau

Eric Tabarly sur Pen-Duick à l'Herbaudière - aout 1964

L'Herbaudière -

Ci-joint les diapos prises par le père Renaud DELARMINAT en aout 1964 ! ...ce jour ou est arrivé Eric TABARLY dans la "deu-deuch" du pére Renaud, le Pen Duick étant au mouillage à l'estacade du "bois de la chaise" (arrivée "guettée" depuis l'aube par tonton Gaby et pépé Vincent ! ) 


picto globe terrestrephotos de Renaud Delarminat

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Souvenir d'orage.

Bonsoir,

J'ai aimé les récits de la traversée de la tornade par les Pen Duick.

Cela m'a ramené 11 ans en arrière! J'avais embarqué avec un de mes fils sur PEN DUICK III de Lisbonne jusqu'à Saint Malo. Au large des côtes portugaises, en pleine nuit, nous avons été pris dans un orage aussi brutal qu'impressionnant. Le bateau a été couché sur l’eau sous des éclairs magnifiques et le roulement du tonnerre. Tout le monde sur le pont en slip et en bottes, sans brassière, pour affaler les voiles. Cela a duré un temps qui parait toujours très long et j'ai réalisé que si l'un d'entre nous avait glissé sur le pont à 45 ou 50°, cela aurait tourné au drame dans la nuit...Mon fils, lui, a cru sa dernière heure arrivée!

Cette nuit-là, j'ai admiré le calme et le sang-froid du skipper.

Et aussi la solidité du bateau: rien n'a cassé.

Souvenirs, souvenirs...

Amicalement

Luc BICHAT

Date: 19/11/2012



photo de BOUTINEAU Mario

BOUTINEAU Mario

Visite à St Cyprien

Pen-Duick VI à Saint Cyprien - aout 2012

Vendredi 24 Aout,visite des Pen Duick.


Un grand merci a Denis Löchen,avec qui j ai pu faire connaissance,
qui nous a fait partager avec émotion et humour sa passion pour Eric à travers ses bateaux.
Un grand merci aux skippers pour leur disponibilité et leurs nombreuses anecdotes sur l histoire des bateaux mais egalement la vie à bord.
Voir les Pen Duick 2 3 et 6 etait déjà pour moi un moment de joie
mais la visite etait un régal.
Prochaine étape, trouver du temps pour un convoyage et faire la "connaissance" de Pen Duick I et 5 qui rejoindront prochainement
les trois premiers sur la grande bleue.

Mario Boutineau



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Préface de Titouan Lamazou du livre "Guide de la manoeuvre" d'Eric Tabarly

Visite à St Cyprien

« C’était en 1977, j’avais vingt-deux ans. J’avais embarqué un an plus tôt à bord de Pen Duick VI. Nous quittions Los Angeles, cap sur l’archipel des Marquises, lorsque Eric me proposa d’illustrer le Guide de la manœuvre auquel il travaillait depuis je ne sais quand. C’était un temps ou l’on prenait son temps et Eric, en ce domaine aussi, était le plus grand capitaine de son temps.
Je me souviens, nous avions appareillé quelques mois plus tôt à Concarneau pour relâcher au port de Mohammedia au Maroc avant la traversée vers les Caraïbes. Nous avons égrainé les îles une à une, en se dérouillant paisiblement au passage avec quelques régates de la semaine d’Antigua… Et puis nous avons abordé l’Océan Pacifique par le canal de Panama. Le prétexte de cette douce croisière était de participer à la course Los Angeles – Honolulu. Nous en fûmes exclus avant même de franchir la ligne de départ au prétexte que la quille de Pen Duick VI n’était pas exclusivement en plomb et n’était donc pas règlementaire. Eric s’indigna grandement de l’hypocrisie des organisateurs, mais comme à son habitude, son indignation passagère fut aussitôt oubliée et il retrouva le sourire : il nous annonça que nous allions lever l’ancre sur l’heure pour les archipels de la Polynésie française. Il avait décidé de rejoindre par le chemin des écoliers la Nouvelle-Zélande pour prendre, six mois plus tard, le départ de la troisième étape de la Whitbread, Auckland à Rio par le cap Horn.
Ainsi nous sommes-nous mis à l’ouvrage du Guide de manœuvre, croisant entre les Marquises, les Tuamotu, les Gambiers et les îles Australes, jusqu’à Tahiti. Je présentais à Eric des esquisses qu’il corrigeait minutieusement pendant des heures sur la table à cartes. La plupart de mes dessins témoignaient de ce que nous vivions au jour le jour sur le pont de Pen Duick VI. Le chapitre échouage était notamment très documenté au quotidien, car Eric était tellement curieux de rivages nouveaux que je ne me souviens pas d’une escale où nous ne nous soyons pas échoués… Je faisais poser mes camarades d’équipage et l’on reconnaîtra page après page, Philippe Poupon, Jean-Louis Etienne, Jean-François Coste, Olivier Petit, Marc Pinta… Nous ne savions pas vraiment de quoi seraient faites nos futures existances, mais nous vivions des jours heureux sous les ordres du capitaine le plus prestigieux et le moins autoritaire qui soit.
Je posais sac à terre à Papeete durant deux ou trois mois, pour réaliser les rendus des ébauches annotées par le maître avant de regagner le bord à l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie.
Eric examina mes planches une à une et à la fin, il m’a dit… «C’est bien ».
C’était un sacré compliment.
Treize ans plus tard, il m’a honoré une seconde fois à sa façon. Pour fêter ma victoire dans le Vendée Globe, il avait invité à déjeuner tout l’équipage de l’époque en sa belle demeure des bords de l’Odet et m’avait assis à sa droite. J’en conserverai toujours la fierté. »

Signé : Titouan

 

"Guide de la manœuvre" Editions Le Télégramme

 

 



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Le Bris Yves

Royan Horta à bord de Pen Duick II,

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Royan Horta, Juillet 2011, ou 17 jours à bord de Pen Duick II.
L’équipage, dits les stagiaires, posent leur sac à bord le soir du 14 juillet à Royan, et nous pouvons jouir de la paëlla offerte aux Pen Duick, ainsi que du feu d’artifice ! Point météo : fichiers gribs, France Inter, on dit, …De toutes façons pas d’avis de coup de vent en cours ni prévu , et à part le vent dans le pif pour faire route au 240…on s’arrêtera à la Corogne pour faire le plein de frais, et en 10 jours de mer environ on sera dans l’archipel des Açores.
Vendredi 15 juillet au matin, pain frais et plein de gazoil, pour s’extraire ensuite du long chenal de la Gironde, au moteur, jusant de rigueur et vers midi dernière bouée de chenal, on peut mettre le génois, et hop un beau cap au….180, enfin le temps de déjeuner. Jusqu’au soir on remonte vers le Nord, on a compris, ce sera 2 fois la route….
Hélas les modèles prévus par Météo France ne doivent pas suivre, le vent ne tournera pas dans la nuit, et bien au contraire restera WSW pour monter d’un cran. Au petit jour après la première nuit en mer, Trinquette et Artimon, Pen Duick se taille une route facilement avec plus de 30 nds, la mer commence à se former… Journée du 16 juillet, on attendra la météo, pour comprendre que la dépression est sur nous, et que les choix sont bien restreints, sauf à faire route. A la tombée du jour on vire pour faire du Sud et passer la faille du plateau continental.
Deuxième nuit en mer, un grain toute les heures, le vent siffle dans les haubans, une partie de l’équipage s’est muni d’un seau, le diner est vite digéré…La nuit est plus longue
Dimanche 17 juillet, au petit matin, on est à 2 sur le pont, François monte de temps en temps prendre l’air et un peu de barre, la consigne « abats bien en haut de la vague ! » . Bruno a disparu de la circulation…mais reviendra en soirée, ah mal de mer quand tu nous prends !
David estime à 6 m les creux, l’anémo pointe à 38nds, une ou 2 déferlantes, balaient l’arrière, enlève perche Ior, etc…. Rien ne décourage David et manœuvre de récupération de la dite perche,.. j’attrape par bâbord, à la main, ce machin jaune gonflée d’air, et c’est reparti. On découvre le Skip…Il est bon.
Mais vous connaissez aussi le Golfe, et Grand Jacques, Erwan et tutti quanti , ne croyaient pas si bien plaisanter : « Alors une belle b… vous attends ?.... » et autres calembours ,….

Bon alors, on fait route sur Gijon 80m plus bas ? « Allez tout le monde récupèrera et le vent tournera bien…et puis on fera du frais ; au fait Gerfault (Ketch de la classic Douarnenez Horta) y va aussi ils ont une avarie ; P… ça bastonne aussi plus au nord, dans la flotte de la classic , 3 abandons,… ». On a eu l’organisateur au téléphone…
David le contactera tous les midis, pour donner notre position, grâce à l’Inmarsat, outil récemment acquis, qui se substitue à la balise Argos dont les autres bateaux de la course sont équipés. Pen Duick est bien préparé, et cela mérite d’être souligné.
Le Dimanche 17 juillet au petit jour, route au 200 environ, et à minuit nous amarrons Pen Duick au ponton visiteur, pour un repas chaud et une nuit de récupération. Belle entrée en matière. Le golfe de Gascogne est fidèle à sa réputation, et…Pen Duick aussi. C’est sur qu’Eric l’avait dessiné pour de l’atlantique Nord, pas les alizées…D’ailleurs à moins de 15 nds, la courbe polaire doit pas être bien gonflée. «Quel canot'» me dis-je en mon fort intérieur, sans GV, dans la piaule manœuvrer comme ça, c’est bien calculé !
Capitainerie du port de Gijon, Pen Duick est déjà enregistré, Gwen y est passé un jour, plein de douches, eau, repos, frais, et un beau miroir pour se raser à bord !!! Quel classe cet équipage. Bruno, à mentionner, est équipé d’un rasoir électrique !!! du jamais vu, il aurait presque un générateur dans son sac ce garçon ! Enfin un diner à une table de restaurant, et un verre au bar de nuit du coin !!! Il pleut dru cette nuit la, et le vent ne mollit pas.
Mardi 19, 12h un bateau des douanes nous accompagne jusqu’à la sortie du môle, nous et Gerfault, ils nous saluent, petit contrôle visuel, respect, et nous envoie un bulletin météo en anglo espagnol ! On comprends vaguement « force 6 / 7 sur Finistère » !
13h, la voile d’artimon se déchire de bout en bout au niveau de la deuxième latte….Plan couture, à mer ou à terre en vue…Mais regardez ce beau bout de toile fluo orange gréé pour nous permettre de continuer la route, c’est pas beau ça ? Allez réparation à la Moitessier, David ne recule devant rien, et la nuit nous amènera toujours de l’Ouest, ça ne tourne toujours pas au Nord…Nuit à tirer des bord, on passe le cap Penas, et le lendemain matin, on commence à distinguer estaca de barres. Un peu de soleil, enfin pour le déjeuner, depuis 4 jours on n’en n’avait pas vu…Mais, mais, en soirée grain, temps bouché, on approche du Cap ortegal, on le passe, mais ça recommence, et puis la voile d’artimon, en réparation ...coups de boutoir aiguille à la main, c’est pas terrible ! Gerfault un peu derrière nous, décide de passer la nuit dans la ria de Viveiro. On le rejoint, et l’entrée large, fait à partir de la routière est parée aisément ; le soir on consulte les grib’s, chargés par Gerfault qui nous indiquent un passage des vents au NNW, dans la nuit ; on ne sait plus y croire, on verra demain.
Jeudi 21, 10h on dérape, et enfin cap au 270, sans coup férir…1000 milles à courir !!! Droit devant , enfin on a «dégolfé » ! Maudits vents de SW !!! On aura fait 80/90h de près depuis Royan et 500 miles environ,
à 18h on aura la Corogne dans le 180, avec un cap au 255, indiqué par le GPS pour Horta. Mais pas de couché de soleil, pas d’étoiles, oh !!!! faut pas trop demander quand même, on vient de quitter l’Ecosse du Sud…..
Passons aux choses plus sérieuses, les menus, la cave, D’abord un bonne bière, méritée et on démarre par une belle omelette pomme de terre, arrosé du cubi de Bourgueil, et à 22h début des quarts, avec un café expresso quasi «made in Italia» Tutto bene !!!!!!!!! cette nuit de 22h à 8h, on avale 80miles, ciel bas, seul dans la nuit avec PenDuick II entre les mains, c’est magique.
Volet sécurité : David, nous présente les procédures, les équipements, et les bidons étanches de survie sont préparés.
Samedi 23, à plus de 200miles dans l’WSW du cap Finistère, nouveau record sur 24h ce samedi 23, 174milles…
Dimanche 24, 11h du matin, Ciel gris, crachin, le vent tombe à 15nds passe au NNE, nuit d’encre, on dort mieux, on fait avancer le bateau, alors on envoie le spi, non les spis oranges et noirs en «trinquette jumelles», voile d’étai, enfin de l’art, Bateau d’une autre époque, on se sent bien à la barre !!!!!
Lundi 25, vents de 6 à 10nds, on envisage une arrivée sur Horta vers jeudi, le baro est stable à 1030mb, les Corsaires du Levant de Perez Reverte me tiennent compagnie, un premier point astro avec l’aide de David, premiers intercepts à 35m, le deuxième à 2m, c’est mieux, travaux de cuir pour David et François, Bruno lit Vito Dumas et projette de modifier son Maraudeur….les iliens de Houat n’ont qu’à bien se tenir cet hiver… A 18h, Horta est à 370m devant ! On a quand même mis les shorts !
27 juillet, Journée avec peu de vent, il est au dessus de nous l’ANTICYCLONE, on réalise la signification réelle de ce mot, l’esprit divague, repos, nav, réglages, cuisine et la journée est passée. Cette nuit on atterrira sur Terceira la plus au NE de l’archipel, car le Vetus nous pousse à 3,5 nds à 2400 trs/mn…l’hélice à «pitch» moderne a une trainée si faible…..les commerciaux sont bons, mais la technique , ….
7éme journée en mer bouclée ce jeudi 28 juillet à 9h du matin , 920miles derrière nous, pas mal non ? quand un anglais au ponton de Terceira nous envoie promener , «so british»….on se mettra à couple d’un Bavaria «françois», plus aimable !!! à 14 h TU, (et locale) on repart , risée Vetus, vers Horta, 80 m plus loin.
Nuit du 27 au 28 juillet, visi. inférieure à 1m, heureusement pas de navigation dans le canal saint Georges, un pêcheur dans la nuit, beaucoup de dauphins, le soir et le matin, et au lever du jour, arrosage de bruine sur le pont, les cirés à rincer, le Mont Pico, la tête dans les nuages, «il a une tête de camionneurs» me dit Bruno toujours poète, après ces heures au moteur, mais on est heureux, Pen Duick II revient à Horta 47 ans après, nous dit David, on est fier.
Accueil à Horta, 14h locale du vendredi 28 juillet : Une fête en l’honneur du Pen Duick, Bravo, casseroles, applaudissements, le ketch noir est à l’honneur, et nous on bénéficie d’une bonne bière bien fraîche, en attendant les sardine grillées de ce soir au club house de Horta avec les équipages de la classic!
Gwen met pied à bord, questionne David, le retour en course Classic Douarnenez Horta, …tu verras, nous on a tout eu, où presque, mais tes bouteilles de vin se sont cassées dans la piaule, dommage !
Au revoir, Pen Duick II, sur un autre parcours, un Belle île-Santander pour faire revivre les grands moments ? Le III sur une autre Classic ?
Ce fut un succès et l’Association et l’ENV le méritent bien !
Yves Le Bris, de Paris, La défense, atterrissage dur dur…, ce 3 aout 2011



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Quelennec Claude

AG 2011 et sortie sur Pen Duick VI

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J'ai assisté pour la première fois à l'assemblée générale cette année 2011. C'est mon père Joseph 82 ans, fusillier marin en retraite qui m'a demandé d'adhérer à l'Association pour prendre le relais. Je ne manquerai pas de prendre la suite.

Nous avons fait une sortie ensemble sur Pen Duick VI.

Inoubliable instant partagé avec mon père et l'équipage.

Merci à Arnaud pour sa grande gentillesse.

A l'année prochaine c'est sûr.
Bien cordialement .
Claude Quélennec

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Rolland de Ravel Hubert

AG 2011 - A bord de Pen Duick 3

Bonjour,
Je souhaite remercier l'Association pour m'avoir permis de naviguer, par une météo estivale, sur Pen Duick III le 30 avril.
Pen Duick III est, pour moi, le plus beau ; mais ce qui dépassait tout, ce fut de voir la flotte des Pen Duick en rade de Lorient, voilure haute et si fiers !
Nombre de plaisanciers ont partagé ce spectacle ; je n'ai pu compter le nombre d'appareils photo !
Un grand merci à Erwan pour nous avoir fait participer aux manœuvres tout en gardant son calme.
Cette journée est inoubliable. Encore merci.
Hubert



photo de DEVISME Jacques

DEVISME Jacques

juillet 2010: les Fêtes de Douarnenez à bord de Pen Duick III

Pen Duick III  -  Témoignage

 

Août 2009, port de St Cyprien, 41 ans se sont écoulés, depuis mon service militaire dans la Marine Nationale à Brest, et surprise, des voiliers à coque noire s’approchent !

Je n’en crois pas mes yeux, seraient-ce des  « Pen Duick » ? Et oui, « Pen Duick II, III, et VI » pénètrent dans le port. Des souvenirs resurgissent, et Eric Tabarly se rappelle à ma mémoire.

 

Il  faut à tout prix que j’essaie de naviguer sur « ses » voiliers, et là problème, plus de place, réservé aux adhérents !

Je prends alors contact avec Denis Löchen, et connaissant le skipper de la vedette de la SNSM, je m’arrange pour faire les photos des trois « Pen Duick », sous voile, en mer, et oui, je suis aussi photographe amateur.

Mais là, de retour vers midi au port, le vent se lève méchamment (la tramontane pour les connaisseurs) et plus possible de sortir les « Pen Duick » l’après midi, la passe du port se révélant trop dangereuse. Et là mes espoirs de naviguer s’envolent.

Dès lors, je décide d’adhérer à l’Association Eric Tabarly.

 

Juin 2010, un mail de Denis se rappelle à moi, une sortie de « Pen Duick III » est prévue mi-Juillet, de Lorient à Douarnenez. Pas d’hésitation, le destin me sourit enfin, je crois que je suis le premier à répondre présent !

Le 19 juillet, dans l’après midi, je suis enfin à Lorient. Accueilli par Mariannick, je prends mes quartiers, pour la nuit sur « Pen Duick III ».

Dormir sur un bateau de légende, je ne vous raconte pas !!! Je ne sais pas « quoi », mais j’ai eu du mal à réaliser, et aussi à m’endormir.

Le 20 juillet, au matin, l’équipage arrive et commence à se constituer, Erwan, le skipper, en tête.

Derniers préparatifs, et en fin de matinée, nous sortons, enfin, du port de Lorient, en « route » pour l’aventure !

Une fois les voiles en place, après une rapide formation d’Erwan, le voilier commence à donner tout son « jus », comme on dit chez les Ch’tis, eh, oui, je suis aussi Ch’ti, natif de Lille !!!

Grand voile, Misaine, Trinquette et Yankee commence à n’avoir plus de secret, l’équipage (Philippe, le sous-marinier, Guy, Bruno, Luc, et moi même), donne dans « l’huile de coude ». On se réparti les tâches, et personnellement, je m’attaque au premier déjeuner, en laissant provisoirement mon appareil photo de côté!

L’après midi en mer fut un régal, çà faisait pas mal de temps que je n’avais pas mis les pieds sur un voilier, et quel voilier, une machine à gagner !

Mes derniers bords furent tirés en 1969, dans la rade de Brest, sur des voiliers d’officiers, des « Requins » (histoire de leur « aérer » les voiles) !!!

Depuis une quinzaine d’années, je naviguais sur des bateaux à moteur, pour pratiquer, une de mes occupations d’été, la pêche sportive (FFPM) au tout gros !

Fin d’après midi, arrivée à Bénodet, port célèbre, toujours dans le souvenir d’Eric. Nuit au port, avec une péripétie dans la nuit, par manque de place un voilier se met à couple avec nous, en pleine nuit, et perturbe quelque peu le sommeil de l’équipage !

Le 21 juillet, de bon matin, dès 6H00, c’est nous qui les réveillons, pour un appareillage matinal. Et c’est reparti pour une autre journée en mer !

Et là, revue navale de toute la côte bretonne, par tribord, baie de Concarneau, et par bâbord des iles des Glénans,  puis  la pointe de Penmarch.

Ensuite, cap sur le « raz de Sein »,  mais dans l’intervalle, un bon petit grain vient nous rafraichir, cela nous permettra d’enfiler les vestes de mer aux couleurs de « Pen Duick III », pas peu fier, le Ch’ti !

Puis nous laissons, par tribord, les phares du « raz de Sein » et nous « plongeons »  dans la baie de Douarnenez. Là, déjà, prémices de fêtes, on commence à croiser de vieux gréements.

Arrivée à  Tréboul, avant le port devant Douarnenez, on se trouve une place sur les quais, pas facile, il commence à y avoir du monde !

Notre voisin de quai, un voilier breton, pas tout jeune,  porte un nom  bizarre :  « Krog e Barz », après traduction, cela ressemble assez à ce que l’on dit chez les Ch’tis « Saqu’ ed din », en  français dans le texte : « fonce dans le tas », « tape dedans » !!!    (croche dedans)

Là, dîner dans la crêperie bretonne du coin, particularité, les murs sont décorés avec les coques des « Pen Duick » !, puis on s’endort à bord, en attendant la marée du lendemain pour pouvoir pénétrer dans le port de Douarnenez.

Le 22 juillet, on est d’attaque pour entrer dans le port de Douarnenez, mais il nous faudra attendre l’ouverture de l’écluse, vers 13h15. Nous serons dans les premiers à entrer, sous les flashes des appareils photos, succès assuré pour Pen Duick III.

Anecdote, au passage de l’écluse, un photographe me lance « mais qu’est ce que tu fous là, Jacques ! »

Et, là surprise, mon ami Patrick Debétencourt me canarde, enfin, il canarde « Pen Duick III »

Il ne faudra pas longtemps pour qu’il nous rejoigne à quai, afin de négocier une virée à bord !

Photographe depuis des années, entre autres des « Pen Duick », et n’ayant jamais eu cette opportunité, il me sollicitera pour que je plaide sa cause auprès d’Erwan, ce qui se fera pour la prochaine sortie en mer qui aura lieu le samedi.

Le 23 juillet sera une journée de relâche, l’équipage ayant quartier libre pour « s’imprégner », en tout bien tout honneur, de la fête, visite des vieux gréements, de « Pen Duick », au quai d’honneur.

Mon souhait, rencontrer une prochaine fois Jacqueline et Marie Tabarly.

Le 24 juillet, enfin la journée de sortie en mer, mais marée oblige, il nous faudra attendre 14 h pour quitter le quai !

Là, l’équipage s’est sérieusement renforcé, en plus de l’équipage de « base », se sont joint Mariannick, François, Claude, membre de l’association, et Arnaud, ex second du « Pen Duick III » et bien sûr Patrick, mon ami photographe.

Nous sortons, encore une fois dans les premiers, l’impatience est à son comble.

Nous passons en revue bateaux et spectateurs, la Belle Poule (çà me rappelle Hourtin, et ensuite la Préfecture Maritime de Brest, et l’autre goélette, « l’Etoile »), son équipage, et ses officiers, j’ai cru voir deux amiraux « Cinq étoiles » à bord, puis « Pen Duick », avec son équipage et Jacqueline Tabarly, et nous passons enfin l’écluse, direction la baie de Douarnenez.

Et là, le bonheur à l’état pur, de magnifiques gréements, petits et grands, les « Bisquines » et notre « Pen Duick III », toilé et bordé au maximum, et nous taillons des « boulevards » à tout le monde, avec notre vitesse.

Pen Duick, régatera également un moment avec nous !

Je ne vous raconte pas l’immense joie de Patrick, le photographe, on se tirera d’ailleurs le portrait réciproquement !!!

Voilà, « min p’tit témoignage » de cette semaine inoubliable.

 

A quand la prochaine sortie ?

 

Jacques, Ch’ti photographe, passionné.

 

les photos sont ici:   http://picasaweb.google.fr/UcaToy/PenDuickIIILorientDouarnenez?authkey=Gv1sRgCNSoz7u9rc3VmAE&feat=directlink

 



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